Dans mes lectures récentes, je vous conseille :
Au rayon essais :
- Le
Conflit : la mère - la femme, par E. Badinter,
(publié aux Editions Flammarion, 18 euros). On
en a beaucoup parlé dans les médias lors de sa sortie. C'est d'abord un livre
très facile à lire : clair, direct et bien documenté.
Le livre est
découpé en 3 parties : "les ambivalences de la maternité" ou comment
devenir/être femme et mère, "l'offensive naturaliste" où elle explique le
lobbying pro-allaitement qui est né aux E.U., la nouvelle mode du "cododo"
(quel mot affreux), et "à trop charger la barque..." ou pourquoi un
nombre important de femmes décide de ne pas avoir d'enfants. Le dernier
chapitre est consacré au cas à part des femmes françaises...
Elle dénonce :
- la maternité pour se définir comme femme,
- la tyrannie de la
mère parfaite : "la barque de la maternité est aujourd'hui chargée de trop
d'attentes, de contraintes, d'obligations. Il y a péril tant pour la femme et
le couple que pour le lien social".
- l'idéologie de la Leche League ("les oukases des ayatollah de l'allaitement")
et celle du naturalisme. Cette approche fait de la biologie et de la nature le
socle de toutes les vertus et condamne plus ou moins la pilule contraceptive,
les petits pots tout préparés, la péridurale, les couches jetables, etc. "La
nature devient un argument décisif pour imposer ou dispenser des conseils. Elle
est devenue une référence éthique difficilement critiquable, auprès de laquelle
le reste fait grise mine. A elle seule, elle incarne le Bon, le Beau et le Vrai
chers à Platon. La philosophie naturaliste détient le pouvoir suprême de
culpabilisation, capable de changer les moeurs."
- l'existence de l'instinct maternel. Pour ça, il faut lire l'Amour
en Plus publié en 2001 par la même E. Badinter, très très bien.
Elle appelle
à défendre :
- la variété des désirs et des styles de vie féminins,
- la possibilité de concilier son rôle de mère et ses désirs de femme,
- le fait qu'être une femme ne doit pas se résumer au fait d'être mère,
- l'ambivalence de l'amour maternel et la possibilité de l'exprimer.
J'ai lu ce livre quand j'étais enceinte de Flore : je me suis sentie complètement légitime de ne pas (et de ne pas avoir) allaiter mes enfants, de vouloir continuer à travailler et même mieux de vouloir "faire carrière" et de partager les tâches quotidienne avec le père de mes enfants! J'ai été très sensible à son chapitre sur la défense des femmes qui souhaitent ne pas avoir d'enfant et je fais beaucoup plus attention, maintenant, à ne surtout pas les juger, les dévaloriser voire les insulter ("elle est pas normale, elle veut pas d'enfant", voire pire).
- Après-guerre. Une histoire de l'Europe depuis 1945, par Tony Judt. (Armand Colin 1019 p., 35 euros)
Il fait le panorama de l'Europe depuis 1945 : l'état de l'Europe après la guerre, la division des territoires par les Alliés, l'histoire non seulement de l'Europe de l'Ouest mais aussi celle moins connue de l'Europe de l'Est. Il retrace la chute du mur de Berlin, les conséquences avec l'évolution de ces pays vers la démocratie et il termine par une question fondamentale : c'est quoi être européen.
J'ai appris énormément de choses, je lis maintenant les journaux autrement : je comprends pourquoi les allemands ne voulaient pas intervenir en Libye, pourquoi les anglais restent pro-américains, pourquoi la Russie est re-devenue une dictature... Et pourquoi je peux être fière d'être européenne.
Au rayon BD :
- La Plaine du Kantô, par Kamimura Kazuo, Tome 1 & 2 (Dargaux).
J'avais commencé avec Lady Snowblood dont Tarentino s'était inspiré pour la scène du combat dans la neige de Kill Bill. Ici, le récit sur l'enfance est bien plus intéressant, plus complexe aussi mais les dessins restent particulièrement marquants.