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dimanche 16 novembre 2008

Règle du cerveau n°7

Un petit voyage en train (aller-retour Grenoble pour une soutenance de thèse) et j'ai eu un peu de temps pour rédiger 4 nouvelles règles. Commençons par la règle n°7.

Qui dort bien pense bien. Notre cerveau est le lieu de luttes constantes entre des hormones qui nous maintiennent éveillés et d'autres qui nous endorment. Ceci conduit à notre cycle de veille/sommeil quotidien et incidentalement au besoin universel de sieste en début d'après-midi. Ce cycle varie selon les personnes en termes de quantité de sommeil nécessaire et de moment de sommeil privilégié dans la journée. Ceux pour qui ce rythme correspond aux contraintes de la vie en société sont favorisés ! Un manque de sommeil (même faible) provoque des déficits d'attention, de capacités de compréhension, de mémorisation, et mêmes motrices. En effet le cerveau est très actif pendant les périodes de sommeil, ces périodes sont donc indispensables. L'auteur en déduit les idées suivantes : organiser le travail en fonction des chronotypes en autorisant des horaires décalés, promouvoir la sieste et obliger les gens à dormir une nuit sur un problème avant d'y proposer des solutions.

vendredi 22 août 2008

Règle du cerveau n°6

Après la mémoire à court terme, intéressons-nous maintenant à la mémoire à long terme. La règle n°6 est se souvenir pour répéter.

Le cerveau reçoit sans arrêt de nouvelles informations qu'il intègre à celles qu'il a déjà mémorisé. Il essaie désespérément d'organiser toutes ces informations très variées et est prêt pour cela à modifier des anciens souvenirs pour en enregistrer des nouveaux. Ainsi les informations mémorisées ne sont pas si stables dans le temps qu'on pourrait le croire. Nous avons donc une vue très approximative de la réalité et de notre passé. Pour éviter des modifications futures et consolider certaines informations, il existe un moyen : la répétition qui force à re-consolider les informations déjà mémorisées. Pour être efficaces, ces répétitions doivent être suffisamment espacées (de combien de temps reste mystérieux) et les plus élaborées possibles. Elles auront alors comme effet d'ajouter à la base d'information plutôt qu'à la modifier. Et plus le temps passe, moins la répétition a besoin d'être longue pour être efficace.

Les moyens de rappel des mémoires vont de rappels détaillés dans les instants qui suivent l'exposition à l'information à des rappels fragmentaires où le cerveau reconstruit l'information à partir de fragments bien plus tard. Le processus de mémorisation jusqu'aux traces mémorielles définitives dans le cortex prend plusieurs années (10 ou plus) pendant lesquelles l'hippocampe réinstalle inlassablement les traces mémorielles dans le cortex.

Pour clore cette question du fonctionnement de la mémoire, la dernière étape de la mémorisation est l'oubli. Celui-ci nous permet de priorétiser les événements et donc de supprimer ceux qui ne concernent pas notre survie et qui prennent de la place utile. Il est donc indispensable.

Répétons encore une fois : il faut répéter l'information dans la minute pour faire passer l'information de la mémoire immédiate à la mémoire de travail, dans les 90 min pour la faire passer dans la mémoire à long terme et ensuite plusieurs fois pendant des semaines, des mois et des années pour former les traces mémorielles définitives qui finiront par être oubliées si elles ne servent plus à rien !

jeudi 21 août 2008

Règle du cerveau n°5

Après quelques semaines de vacances, me voici de retour au boulot. J'en profite pour continuer mon résumé du livre Brain Rules.

Les règles 5 et 6 parlent de la mémoire et de son fonctionnement. Commençons par la règle n°5 : répéter pour se souvenir.

La mémoire est quelque chose de très complexe. Nous en avons de plusieurs types (déclarative ou non ; auditive, visuelle ou conceptuelle ; sémantique, spatiale ou prospective, etc). Celle qui nous intéresse pour l'apprentissage est la mémoire « déclarative » : on peut décrire avec des mots ce qu'on a appris. Ce processus de mémorisation se décompose en 4 étapes : encodage, stockage, rappel et oubli. Les quelques premières secondes de ce processus (l'encodage) déterminent si on va retenir quelque chose. Certains encodages sont automatiques, d'autres nécessitent des efforts. Ce processus d'encodage découpe l'information en de nombreux éléments traités par différentes zones du cerveau. On a pu montrer que plus l'information est encodée de façon élaborée au moment de l'apprentissage, plus la mémorisation est bonne, qu'une trace de mémoire semble stockée au même(s) endroit(s) dans le cerveau que là ou l'information initiale a été traitée et que le rappel peut être amélioré si on reproduit les conditions environnant l'apprentissage.

Pour les encodages demandant des efforts, on doit répéter la stimulation. En effet, les informations sont d'abord traitées en mémoire immédiate (capacité : 7 éléments pendant 30 secondes en moyenne), dont elles disparaissent si elles ne sont pas répétées. Elles vont ensuite en mémoire de travail où elles peuvent rester de 1h à 1h30 avant de passer en mémoire à long terme. Si les informations ne sont pas répétées dans ce délai, la mémorisation échoue. Il est donc critique de répéter pour mémoriser.

Quelques idées proposées par l'auteur pour améliorer l'apprentissage :

  • s'assurer que les apprenants comprennent ce qu'ils apprennent. Il est illusoire d'apprendre des choses par cœur et d'espérer voir leur signification apparaître magiquement. Pour ce faire, l'utilisation de nombreux exemples significatifs pour les apprenants est une méthode efficace ;
  • les introductions sont les moments les plus importants : les rendre passionnantes, elles fourniront un encodage plus riche et donc une mémorisation plus efficace ;
  • faire en sorte d'utiliser des environnements d'apprentissage les plus proches possibles de l'environnement de rappel (apprendre à l'oral des leçons où l'examen est oral, favoriser l'apprentissage, etc).

samedi 5 juillet 2008

Règle du cerveau n°4

On ne fait pas attention aux choses ennuyeuses. En fait, la durée de maintient de l'attention est d'environ 10 min et notre degré d'attention est influencé par le contenu de notre mémoire, notre culture, notre intérêt et notre perception des choses. Quatre caractéristiques du fonctionnement de notre cerveau sont d'une importance primordiale pour comprendre comment nous portons attention aux choses :

  • les émotions attirent notre attention ;
  • on perçoit et on retient d'abord l'ensemble avant les détails ;
  • le cerveau est monotâche : on ne peut faire attention à plusieurs choses en même temps. Quelqu'un qui est dérangé fera 50 % plus d'erreurs et mettra jusqu'à 2 fois plus de temps à accomplir une tâche ;
  • le cerveau a besoin de pauses.

L'auteur en déduit une façon de construire une leçon en tranches de 10 min avec entre chaque tranche un « hameçon » (anecdote, exemple... si possible chargé émotionnellement) qui permet de récupérer un niveau d'attention élevé des étudiants. Il insiste aussi sur le besoin d'indiquer le plan de la leçon au début pour mettre le cerveau dans de bonnes dispositions d'apprentissage.

Règle du cerveau n°3

Tous les cerveaux sont cablés différemment. Quand nous apprenons notre cerveau se réorganise physiquement (changement des connexions entre neurones). Il n'y a donc pas deux cerveaux identiques. De plus selon les individus les différentes capacités se développent à différentes vitesses et à différents endroits. Par conséquent, il a de nombreuses façons bien différentes d'être « intelligent » (certains poussent jusqu'à une façon par personne, d'autres font de grandes catégories).

L'auteur en déduit quelques propositions pour l'enseignement :

  • personnaliser au maximum l'enseignement. Pour cela, il faut réduire le nombre d'enfants par classe ;
  • recruter les enseignants en fonction de leur capacité à comprendre les élèves (des tests existent) : capacité à percevoir si un élève a compris ou non ce qui est enseigné, etc ;
  • utiliser des logiciels permettant de personnaliser l'apprentissage de chaque élève en complément des cours donnés par l'enseignant.

mercredi 2 juillet 2008

Règle du cerveau n°2

Le cerveau humain est le fruit de l'évolution. L'homme est le seul animal a avoir eu comme stratégie de survie l'augmentation de la puissance de son cerveau et pas celle de ses muscles. Et cette stratégie s'est révélée très fructueuse. Nous sommes partis d'une population d'environ 2000 êtres dans l'est de l'Afrique pour conquérir tous les écosystèmes et compter une population de 7 milliards d'individus !

L'originalité du cerveau humain est de posséder un cortex, lieu de la pensée symbolique. Tout ça proviendrait de changements brutaux du climat qui nous ont forcés à trouver des moyens de nous adapter au changement. Pour ce faire, nous aurions un cerveau avec deux capacités importantes et complémentaires : une base de données pour stocker nos connaissances et une capacité d'improvisation à partir de cette base de données. Quand nous sommes devenus des bipèdes, l'économie d'énergie générée a été utilisée pour faire grossir notre cerveau (2 % de la masse du corps et 20 % de sa consommation d'énergie). Notre tête a grossi en conséquence. Pour pouvoir enfanter, nous avons dû mettre au monde des bébés au cerveau encore incomplet et devenir de bons enseignants pour transmettre nos connaissances à ces machines à apprendre que sont nos enfants. Et comme nous étions individuellement faibles, nous avons dû apprendre à coopérer et donc à communiquer et à deviner les pensées des autres pour les comprendre et les influencer.

Pour finir sur ce sujet, que pouvons nous déduire de cette règle pour la vie de tous les jours ?

  • Toute stratégie d'enseignement doit développer à la fois les connaissances (notre base de données) et nos capacités d'improvisation (résolution de problème, raisonnement) de façon équilibrée ;
  • notre performance d'apprentissage est fortement influencée par la relation (émotionnelle) que nous avons avec l'enseignant ;
  • les capacités relationnelles sont critiques pour toute personne en position d'encadrement ou d'enseignement.

mardi 1 juillet 2008

Règle du cerveau n°1 [mise à jour le 2 juillet]

Je viens de commencer la lecture du livre brain rules de John Medina, un scientifique spécialiste du cerveau. Il y donne 12 règles basées sur des études scientifiques qui résument ce qu'on sait sur le fonctionnement de notre cerveau. Comme je trouve ce livre passionnant et qu'il est en anglais, je vais faire un bref résumé de chaque règle sur ce blog pour le bénéfice de tous nos lecteurs.

La règle numéro 1 est l'exercice améliore la puissance du cerveau. En effet, notre cerveau s'est construit quand nous parcourrions la savane à la recherche de nourriture en essayant d'échapper à nos prédateurs. Nous marchions alors entre 10 et 20 km par jour. Notre cerveau a besoin d'être oxygéné pour fonctionner au mieux et l'exercice favorise cette oxygénation. Ce qui est remarquable c'est que le bénéfice est immédiat et à long terme. Faire de l'exercice a des vertus bénéfiques pour la quasi-totalité des fonctions biologiques et en particulier pour le cerveau. 2 à 3 séances d'une demi-heure hebdomadaire de marche réduisent de 50 % le risque de démence et de 60 % de souffrir de la maladie de Parkinson, sans compter la diminution du risque de maladies cardio-vasculaires ! Donc, bougeons-nous !

Pour finir voici quelques idées mentionnées par l'auteur pour améliorer l'enseignement et le travail :

  • organiser des séances de sport de 20 à 30 min en début de matinée et en début d'après-midi ;
  • mettre des tapis roulants dans les salles de classe et les bureaux (il l'a fait dans le sien avec un support pour son ordinateur) ;
  • faire en sorte que le travail se fasse dans la journée pour laisser le temps de loisir nécessaire pour faire du sport et bien dormir (vive les 35 heures !) ;
  • faire les réunions de travail en se promenant plutôt qu'enfermés dans une salle de réunion.

À bientôt pour la règle numéro 2.

dimanche 17 février 2008

Illy ou Nespresso?

Pour tout savoir sur les stratégies de communication des deux grandes marques d'espresso, aller voir sur design et typo. Cet article alimentera sûement la discussion entre les tenants des deux marques. Je suis curieux de voir ce que les amateurs de café en pense...

dimanche 28 octobre 2007

Activités d'automne

Aujourd'hui, nous sommes allés voir l'expo d'art contemporain du moment à Lille : une sélection de la collection Pinault. Beaucoup de monde, quelques trucs sympa (Pierre et Gilles, Cindy Sherman), et des télés montrant en boucle un chat lapant du lait ou mangeant une souris (bien pour Julie). Pour le reste, j'ai déjà beaucoup de difficultés avec l'art contemporain mais ce n'est pas avec une expo pareille que je vais me réconcilier avec ces supercheries...

Au musée

jeudi 2 août 2007

Ce que je retiens de notre semaine en Italie

Julie et le pigeon devant les colonnes vénitiennes (Vicenza)

Anne vous donnera probablement son point de vue, voici le mien.

Nous avons passé la semaine dans la Vénétie, la région de Venise qui a été sous l'influence de la république vénitienne. Dans toutes les villes que nous avons visité, il y avait une colonne avec un lion ailé avec une patte posée sur un livre sur la place principale. Cette colonne signifiait l'appartenance à la république vénitienne. Nous avons visité les trois grandes villes du coin, Vérone, Padoue et Vicence, et le village médiéval de Montagnana. C'était un festival de bâtiments de toutes époques: quelques traces de constructions paléochrétiennes, des églises romanes et gothiques, de nombreuses constructions de la renaissance, églises, villas, palais, bâtiments officiels, des églises et palais baroques et bien sûr des bâtiments des XIX et XXe siècles. Le patrimoine italien est remarquablement riche. Je me faisais la réflexion que ça devait leur coûter très cher de tout entretenir. En effet, dans beaucoup d'endroits nous avons vu des échafaudages et des restaurations de toutes sortes.

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