D'où vient la vaccination ?

En 1796, Edouard Jenner inventait la vaccination. Son travail reposait sur l'observation suivante : les vachers qui étaient atteints d'une maladie bénigne, la variole des vaches, ne développaient jamais de variole. Il propose donc de déposer sur une scarification le pus prélevé sur les lésions de variole des vaches avant, quelques semaines plus tard d'inoculer la variole (à l'époque, les comités d'éthique ne devaient pas exister). La petite histoire devenue grande est racontée ici. Depuis, les bases théoriques sur lesquelles repose la vaccination ont été posées, notamment par Louis Pasteur qui fut le premier à vacciner contre la rage, en 1885.

Pourquoi se faire vacciner ?

Après la découverte de Jenner, la vaccination antivariolique est devenue une pratique courante en Europe puis dans le Monde. En 1966, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé la campagne internationale d'éradication de la Variole. Grâce à des campagne de vaccination de masse menées dans tous les pays, grâce à la mobilisation de moyens financiers importants, des gouvernements, des communautés médicales et scientifiques, en 1980, la variole a été déclarée éradiquée. Le fléau qui sévissait depuis le Moyen-Age s'était éteint.

D'autres victoires ont été obtenues grâce à la vaccination. Pour n'en citer que quelques unes, dans le monde des maladies virales : le nombre de cas de malformations congénitales liées à la rubéole est inférieur à 3 par an en France depuis 2006. La poliomyélite n'a plus été décrite en France depuis 1989 chez une personne qui n'a pas voyagé, grâce à la vaccination rendue obligatoire en 1964. Pourtant, la poliomyélite sévit encore et dans des pays où elle avait disparu comme la Syrie, de nouveaux cas ont été décrits notamment chez des enfants qui n'avaient pas été vaccinés à cause de la guerre civile, mais nous aurons l'occasion d'en reparler dans un prochain billet.

Ainsi, grâce aux vaccins, nous avons réussi à nous débarrasser de maladies virales mortelles et responsables de séquelles très lourdes pour les personnes qui réchappaient de ces infections.

Des échecs retentissants

En 2008, la France était à l'aube d'une disparition, celle de la rougeole, maladie infantile fréquente qui peut être mortelle. Grâce à la vaccination, le nombre de cas mortels de rougeole déclaré chaque année était inférieur à 10. Pourtant, la couverture vaccinale de la population française était trop faible : on considère qu'il faut que plus de 95% d'une population soit immunisée contre une infection pour que l'agent infectieux cesse de circuler dans cette population. Or, en France, couverture vaccinale contre la rougeole téait de 87% en 2009. Si bien qu'entre 2008 et 2012, une épidémie de rougeole a traversé la France, infectant plus de 23000 personnes et entraînant le décès de 10 d'entre elles. Quel gâchis alors qu'on peut se faire vacciner !

D'autres échecs sont à déplorer : la vaccination antigrippale est encore trop peu pratiquée, surtout chez les personnels de santé. Ne parlons pas de la vaccination contre l'hépatite B qui souffre encore des polémiques des années 1990.

A la faveur de des actions menées en justice contre la société commercialisant un vaccin anti-HPV, des voix se sont de nouveau faites entendre pour remettre en question la vaccination. J'essaye donc de faire entendre une autre voix : les vaccins sont des outils indispensables pour lutter contre les maladies infectieuses, ne les jetons pas avec l'eau du bain !