Les Coronavirus ont été découvert dans les années 1960. Ils tiennent leur nom de leur aspect « en couronne » en microscopie électronique. Jusqu'en 2003, on s'est très peu intéressé aux Coronavirus. En 2003, le virus du SARS, le SARS-CoV, a émergé en Chine. Ce virus a été responsable d'une épidémie avec plus de 8000 personnes atteintes et près de 650 décès. Le SARS-CoV étaient responsable d'infections respiratoires souvent associées à une détresse respiratoire d'où son nom, le virus du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (ou Severe Acute Respiratory Syndrome). Après l'épidémie de 2003 et des cas isolés chez des chercheurs travaillant en laboratoire sur le virus, le SRAS-CoV n'a plus été détecté dans l'espèce humaine. Le SRAS-CoV a été bien caractérisé sur le plan génétique : il est classé à part par rapport aux autres Coronavirus qui sont répartis en 5 groupes phylogénétiques.

Ma paillasse

Pendant l'été 2012, un nouveau coronavirus a été détecté chez des patients originaires d'Arabie Saoudite. Les patients avaient développé des pneumopathies sévères dont ils sont décédés. Le virus a été isolé et caractérisé : c'est un nouveau Coronavirus, le HCoV-EMC ou NCoV. Depuis, ce virus a été rattaché aux Coronavirus du groupe 2 auquel appartiennent deux autres coronavirus responsables de pathologies humaines, les HCoV-OC43 et HCoV- HKU-1.

D'où vient ce nouveau virus ?

Les Coronavirus sont très présents chez les animaux, ils responsables de nombreuses pathologies chez les félidés ou les oiseaux par exemple. Ils sont aussi présents chez les chauves-souris qui sont porteuses asymptomatqiues. Une étude récente a montré que ce nouveau Coronavirus est présent chez les chauves-souris en Europe et sur le continent africain. Les chauves-souris constituent probablement le réservoir du virus . La façon dont ce virus animal est passé chez l'Homme n'est pas encore connue. Par exemple, on ne sait pas si le NCoV est présent chez d'autres animaux que la chauve-souris.

Quels sont les risques chez les humains ?

Les coronavirus se transmettent par voie aérienne, par contact avec des sécrétions respiratoires contaminées lors d'éternuements par exemple. Le NCoV se transmet aussi de cette façon comme le suggère la contamination du voisin de chambre du patient infecté dans le Nord. Il semble pourtant que la transmission interhumaine soit difficile à ce jour : le NCoV est moins contagieux que les virus grippaux. A ce jour, le NCoV a été détecté chez plus de 15 patients dont au moins 10 sont décédés de pneumopathies sévères. On sait encore très peu de choses sur l'infection elle-même mais il semble que la période d'incubation de l'infection soit inférieure à 10 jours. Les patients présentent des signes d'infection respiratoire haute qui s'aggravent rapidement en pneumopathie nécessitant une prise en charge en réanimation.

Vers une nouvelle épidémie ?

Le virus a été détecté pour la première fois chez l'homme pendant l'été 2012 dans la pénnsule arabique. Depuis, il reste cantonné à la péninsule arabique : le cas détecté en France, dans le Nord est un patient de retour de Dubaï. Les cas suspects sont des personnes qui ont été en contact avec le patient index : le médecin, l'interne, une infirmière qui ont pris en charge le patient. La contamination du voisin de chambre du patient index au début de sa maladie est encore à confirmer. Pour le moment, tous les cas humains décrits étaient originaires ou avait transité par cette région et aucun nouveau cas n'a été décrit ailleurs sur la planète. (http://www.who.int/csr/don/2013_05_09_ncov/en/index.html).

Pour conclure, nous sommes face à l'émergence d'un nouveau Coronavirus pathogène chez l'Homme. Le NCoV se transmet par voie aérienne et la transmission interhumaine semble avérée. Pourtant, on ne peut pas encore parler d'épidémie et il convient de rester prudent et de surveiller l'évolution de ce virus et sa diffusion éventuelle sur la planète.