Les virus A/H7 peuvent-ils infecter les humains ?

Les virus Influenza de type A/H7 ne peuvent théoriquement pas infecter les humains. Pourtant des infections humaines à virus A/H7N7 ont déjà été décrites dans le passé. Elles ont toujours été rapportées chez des personnes ayant des contacts étroits avec des volailles ou leurs déjections. Aucune transmission interhumaine de ce virus n’a été rapportée. Les premiers cas humains d’infections par le virus A/H7N9 ont été décrits fin mars dans la région de Shanghaï, en Chine. Le virus isolé chez ces patients avait été signalé par les autorités chinoises chez des oiseaux au cours des mois précédents.

Canard

Caractéristiques du virus A/H7N9 actuel

Une étude vient d’être publiée qui étudie le génome du virus A/H7N9. Les auteurs montrent que le virus est un « recombinant ». Le génome des virus grippaux est de type ARN simple brin segmenté : le génome des virus de la grippe A est constitué de 8 segments d’ARN qui codent chacun une protéine virale (hémagglutinine, neuraminidase…, Schéma d'une particule de virus grippal). Lorsqu’une cellule est infectée par plusieurs virus grippaux en même temps, des échanges de segments d’ARN peuvent se faire entre les virus, donnant naissance à un nouveau virus « recombinant ». Ce type de recombinaisons est un mode d’évolution fréquent pour les virus grippaux. Elles peuvent se faire chez l’oiseau (recombinaisons entre virus aviaires) ou chez des mamifères tels que le porc qui peut être co-infectés par des virus aviaires et par des virus humains (recombinaisons entre virus humain et aviaire). C’est ainsi qu’était apparu au Mexique, le virus A/H1N1pdm2009 responsable de la pandémie de 2009.

Le virus A/H7N9 est un virus recombinant aviaire : il provient de différents virus d’oiseaux qui circulent dans la région de Shanghaï chez les volailles mais aussi chez d’autres oiseaux. Ce virus présente des caractéristiques moléculaires suggérant qu’il est peu pathogène pour les oiseaux ce qui est confirmé par les autorités chinoises qui ne rapportent pas de décès naturels importants chez les oiseaux.

Les virus grippaux infectent les cellules humaines après que l’hémagglutinine virale se soit fixée aux acides sialiques des cellules ciliées des arbres bronchiques. Des études scientifiques ont montré que certains motifs moléculaires portés par les hémagglutinines virales sont le reflet de leur affinité pour des acides sialiques humains ou aviaires. Le virus A/H7N9 qui circule actuellement chez les oiseaux porte des caractéristiques aviaires : c’est donc un virus qui n’est pas capable de reconnaître les acides sialiques humains, pour le moment. Ce virus ne peut donc pas se transmettre entre les humains. Une adaptation à l’Homme est possible : des mutations survenant sur le gène de l’hémagglutinine pourraient permettre la reconnaissance des acides sialiques humains. En parallèle, le virus porte des motifs moléculaires qui pourraient faciliter la transmission interhumaine en cas de modifications de l’hémagglutinine la rendant spécifique des acides sialiques humains.

Schéma d'une particule de Virus de la grippe

Alors, que devons-nous en penser ?

A ce jour, l’OMS déclare que le virus n’est pas transmissible entre les humains, que les personnes infectées ont toutes été en contact étroit avec des oiseaux ou leurs déjections et qu’il n’y a pas de mesures particulières à prendre pour les personnes venant de Chine avec des signes d’infection respiratoire. Il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter outre mesure. Par contre la communauté scientifque reste vigilante : les réseaux qui surveillent les virus grippaux étudient les virus isolés chez les patients afin de rechercher notamment l’apparition de mutations qui signeraient l’adaptation du virus A/H7N9 à l’Homme.