Le congrès était organisé sur 2 jours. Un premier jour très consensuel, très politique et finalement pas très enthousiasmant à mon avis. Un deuxième jour bien plus fructueux !

Le premier jour, donc, après l'ouverture du congrès par le président de Lille 2, l'accueil des congressistes par le doyen de la fac des sports et le mot de l'élue régionale à l'enseignement supérieur, les débats se sont ouverts sur l'OpenU francophone ou l'université numérique francophone ouverte à tous. J'étais très intéressée par ce sujet et j'ai été assez déçue : les intervenants ont présenté ce que font les américains (notamment MIT et Oxford) mais en France, on attend une volonté ministérielle... A mon avis, une (grande) université française va se lancer toute seule dans ce genre d'expérience et les autres suivront. Les discussions m'ont permis de réaliser les enjeux de l'OpenU : comment inscrire des étudiants localisés à distance, comment organiser les examens dans des pays différents, s'ils suivent l'enseignement, les étudiants obtiennent-ils un diplôme, des crédits... Pour ajouter à la déception, les orateurs étaient uniquement masculins : va-t-on me faire croire qu'aucune femme ne maîtrise ce sujet?

Ip3s

Après le déjeuner, nous avons assisté à une série de présentations asses courtes sur la production numérique de différentes universités françaises : les utilisateurs des réseaux sociaux dans l'enseignement supérieur, les créateurs de jeux sérieux etc. Cette fois, c'était assez intéressant mais ce catalogue de prestations numériques a fini par m'interpeler : toutes ces ressources créées (parfois assez bluffantes), comment sont-elles utilisées au quotidien, quelles sont leurs places dans le programme d'enseignement : utilisées en ED ou en TP comme support de la séance, utilisées à distance par les étudiants pour réviser ou consolider l'apprentissage? Comment les enseignants évaluent l'utilisation de ces outils. Je n'ai pas obtenu de réponse claire et satisfaisante.

Le deuxième jour était organisé en ateliers et j'ai participé avec mes collègues de la fac de pharmacie de Lille 2 à l'atelier "Pharmacie". Cet atelier était coordonné par Françoise Galland. Un juriste, M. P. Vignoles, a présenté le programme de la formation à distance qu'il coordonne et c'est devenu pour moi très concret : quel public, comment garder ces étudiants motivés, comment les tutorer tout au long de l'année... Ensuite, avec mes collègues de la fac de pharmacie, nous avons présenté comment dans chacune de nos disciplines nous avons développé des ressources numériques dans la chaîne éditoriale Opale/Scenari :  A. Standaert pour la parasitologie, P. Odou pour la galénique et moi pour la virologie. Pour certains, comme en galénique, les ressources numériques sont déjà intégrées dans le programme : elles servent à préparer les TP de galéniques par exemple. Pour la virologie, je vais profiter de la réformes des études de Pharmacie pour intégrer les ressources que j'ai créé depuis 4 ans à mes enseignements : elles me serviront à diminuer le nombre d'heures de cours magistraux et à créer des séances d'ED. Et pour finir, P. Ravaux, notre MCF en informatique et VP de Lille 2 pour le système d'information, a  expliqué comment il va utiliser toutes les ressources que nous lui transmettrons pour créer des jeux sérieux avec différents niveaux d'interactivité. L'intérêt du système développé dans notre faculté, c'est que chaque année, en générant un nouveau cours, l'enseignant pourra générer une nouvelle session de jeu : notre jeu sera donc évolutif au fil des ans! Cet atelier a aussi permis de discuter concrètement de nos soucis quotidiens : comment se former à la création de ressources numériques, comment faire valider les heures de création de ressources numériques en heures d'enseignement... 

A l'issue de ces deux jours de congrès, mes collègues de la faculté de pharmacie de Lille et moi, nous avons décidé de créer un club d'enseignants pour réfléchir à la création et l'utilisation de ressources numériques dans nos enseignements. Nous sommes en train de réfléchir à nos missions : faire reconnaître par notre institution le temps investi dans la création des ressources numériques, formation des collègues volontaires, évolution des ressources numériques mais aussi intégration de ces ressources dans l'enseignement. Notre club se créera officiellement vendredi prochain. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant!